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FLASH ACTU :
"Abidjan on dit quoi" une exposition de jeunes talents,à la Rotonde des Arts du mardi 25 septembre au 24 octobre 2012.
Intégration culturelle: Le Festival des Arts et de la culture CEDEAO (ECOFEST) prévu en 2013.
CEDEAO: Vers une expérimentation de trois (3) langues transfrontalières, à savoir, le Peul, le mandingue et haoussa (Recommandation ACALAN)
Du 15 septembre au 17 novembre 2012,la Galerie Cécile Fakhoury présente : "Aujourd'hui je travaille avec mon petit fils Aboudia"
La fondation Blachère présentera du 29 juin au 7 octobre 2012, "Des tigres et des peintres"
 
 

 
MATHILDE MORO, la prêtresse Vohou-vohou
 
Diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts d’Abidjan, Mathilde Moro a fortement contribué à l’affirmation des arts plastiques ivoiriens et africains, aux côtés de ses amis du mouvement Vohou-Vohou . Tiré de la langue gouro, le mot « Vohou-Vohou » signifie : « n’importe quoi ». Il est donné au début des années 70 aux « artistes poubellistes » de l’Ecole d’Abidjan, par dérision, par un de leurs amis architecte d’intérieur. Ce dernier, ne comprenant rien à leur façon de produire de l’art, leur dit qu’ils font du « vohou-vohou ». C’est que sous la houlette du Martiniquais Serge Helenon (1), leur professeur et maître, les étudiants d’Abidjan contestent la peinture éculée tributaire du chevalet. De fait, ils montrent que la vérité picturale n’est pas qu’occidentale et académique. Portés par leur âme et leur sensibilité nègres, ces étudiants revisitent alors, par le biais de matériaux et pigments décapants pris dans leur environnement, l’espace et le support pictural. En agissant de la sorte, ils font prendre à la peinture ivoirienne un virage de 180 degrés.
A partir de 1981, Youssouf Bath, Théodore Koudougnon, N’Guessan Kra, Yacouba Touré dit Yack, anciens étudiants de l’Ecole des Beaux–Arts d’Abidjan, que rejoindra en 1987 leur cadette Mathilde Moreau et quelques autres, systématisent cette philosophie esthétique. L’exploitation, sur les cimaises, dans les salles d’exposition huppées de la place, de menus objets : tapa, cauris, jus de cola, latérite, kaolin, etc., apparaît comme une immense provocation aux yeux des réactionnaires. En même temps, elle dit, de manière forte, leur quête identitaire ontologique: être des peintres africains et des Africains peintres, et non plus des ersatz de peintres occidentaux. Comme l’aurait écrit Senghor, ils sont bien dans leur peau de lamantins allant boire à la source.

Cette vision esthétique et philosophique des artistes du mouvement Vohou irrite fortement un grand nombre de tenants de la peinture de chevalet. A leur tête se trouve James Houra, alors directeur de l’Ecole des Beaux-Arts d’Abidjan. Pour lui, les artistes Vohou, parce que peintres médiocres, cachent leurs limites dans cette façon de penser l’art. De l’abstraction, maître mot de ces peintres novateurs, il dira qu’elle est abri leur permettant de masquer leurs faiblesses de dessinateurs. Comme à une guerre des Anciens contre les Modernes, des débats houleux et des attaques en règle dans la presse occupent la scène et mettent l’art Vohou sous feux de la rampe.

Au cours des années de braise de ce mouvement qui a pleinement vécu de 1981 à 1991, un Youssouf Bath est baptisé le Sorcier Vohou. Mathilde Moreau, elle, reçoit de ses pairs le surnom de Prêtresse Vohou. Dans sa peinture, la thématique de la « termitière » a longuement été de mise. En écho aux sages du continent, elle clame sa foi africaine : « Si la termitière vit, qu’elle ajoute de la terre à la terre ». Son amour pour les ocres, couleur de la terre-mère et des origines, date de cette période.

Depuis sa première exposition individuelle intitulée « Varig » (1987) (du nom d’une compagnie aérienne dont un avion s’est écrasé à Alépé), Mathilde Moreau est demeurée sur les cimaises. Cela n’est pas le cas de nombre de femmes peintres de sa génération qui ont fait long f eu, en dépit des espoirs placés en elles, pour diverses raisons. Régulièrement, l’ex-Prêtresse Vohou va à la rencontre du public, à l’occasion d’expositions individuelles ou collectives de tout genre, aux rencontres nationales et internationales. A force de travail, elle est, aujourd’hui, le plus grand peintre féminin de Côte d’Ivoire et un des grands noms de la peinture ivoirienne.

En 1996, avec des amis dont les peintres Yacouba Touré, Ignace Mensah, Tiébena Dagnogo, Issa Kouyaté, elle crée le groupe Daro-Daro, pour permettre aux artistes de rompre avec l’isolement de leurs ateliers, de mêler leurs énergies et de confronter leurs expériences par l’organisation de workshop (ou ateliers de création). Le premier workshop de ce groupe qui se tient à la Maison Carrée, route de Dabou, marque l’ouverture de l’ex-Prêtresse Vohou à une nouvelle période. En effet, elle délaisse sa palette très assombrie héritée de sa première exposition, « Varig », pour un pinceau plein de soleil. Ce désir de lumière sera jumelé à un désir de rencontres. Avec les autres pour mieux se rencontrer soi-même. Son départ pour la Chine, en 1998, dans le cadre d’un programme d’études et de recherche à Beijing, répond à ce besoin intérieur d’étirer l’horizon et les soleils. Le titre qu’elle donne à son exposition de l’hôtel Ivoire est donc tout un programme : « Zhongguo, la Porte du Soleil ».

Henri N’Koumo, Critique d’art, Directeur de la francophonie au Ministère de la culture (CI)

 

 

 

 
 
 
   
   
 
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