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FLASH ACTU :
"Abidjan on dit quoi" une exposition de jeunes talents,à la Rotonde des Arts du mardi 25 septembre au 24 octobre 2012.
Intégration culturelle: Le Festival des Arts et de la culture CEDEAO (ECOFEST) prévu en 2013.
CEDEAO: Vers une expérimentation de trois (3) langues transfrontalières, à savoir, le Peul, le mandingue et haoussa (Recommandation ACALAN)
Du 15 septembre au 17 novembre 2012,la Galerie Cécile Fakhoury présente : "Aujourd'hui je travaille avec mon petit fils Aboudia"
La fondation Blachère présentera du 29 juin au 7 octobre 2012, "Des tigres et des peintres"
 
 

 
Adama Moussa Traoré (auteur de "Sur la route de la sécurité sociale") : "LA SÉCURITÉ SOCIALE EN COTE D’IVOIRE NE SE PORTE PAS MAL"
 
Anciennement directeur de projets à la Cnps, celui qui est aujourd’hui actif à la Présidence de la République, a sorti un livre de 257 pages, fort de sa longue expérience acquise sur la sécurité sociale.

Qu’est-ce qui a présidé à la rédaction et à la publication de « Sur la route de la sécurité sociale »?



A travers ce livre, il m’a apparu important, de tenter modestement, d’asseoir la culture de la sécurité sociale pour atteindre, ce qu’on pourrait nommer « le civisme social ». Pour le réussir, il fallait mettre à la disposition des employeurs, travailleurs, élèves et étudiants, en somme, du grand public, quelques éclairages qui leur permettent d’appréhender par la connaissance, l’histoire, l’organisation et le fonctionnement des organismes africains de sécurité sociale.


Soit ! Mais écrire, c’est faire partager son expérience. De laquelle vous prévalez-vous? Autrement dit, que sait Adama Moussa Traoré qu’ignorent les autres?

« Rien ne fait mieux écrire que d’écrire sur ce qu’on aime. » Je cite là Paul Léautaud, grand écrivain français. Je pratique la sécurité sociale depuis plus de vingt ans, je la vis et je l’aime. Mais en même temps, je me rends compte que cet outil de réduction des inégalités sociales qui permet d’établir la justice sociale reste largement méconnu. Je me convaincs donc que la dimension de la sécurité sociale dans la vie économique et sociale nationale doit être clairement sue de tous. Cela d’autant plus que dans une situation post-crise, comme celle que nous vivons en Côte d’Ivoire actuellement, la sécurité sociale peut s’avérer être un puissant facteur de cohésion sociale et de paix. C’est pourquoi je me suis permis d’écrire cet ouvrage. Ouvrage, partage de mes attentes, convictions, désillusions, mais surtout de mes espérances et croyances en la sécurité sociale ainsi que les moyens que je trouve efficaces pour y parvenir afin que le bien-être des populations dans ce monde en perpétuelle mutation soit garanti.


Ce livre, qui est le fruit de votre expérience à vous...

Ah non !« Sur la route de la sécurité sociale » est le livre de chacun de mes collaborateurs de la Caisse nationale de prévoyance sociale de Côte d’Ivoire et de mes collègues des Institutions sœurs de sécurité sociale d’Afrique. D’une façon ou d’une autre, ce sont ces collègues et collaborateurs qui ont favorisé l’éclosion de cet ouvrage.


Au chapitre 2, vous abordez la question des prestations familiales, avec les cas pratiques illustrant le statut de la femme, la femme enceinte aussi et donc. Le lectorat et les Ivoiriens ont certainement envie de connaître la solution. Qu’envisagez-vous pour l’assurance maternité dans un pays où le taux de croissance des femmes est plus important que celui des hommes?

L’assurance maternité vise à promouvoir la protection maternelle et infantile en assurant un minimum de couverture sanitaire à la femme en grossesse et au futur bébé. En Côte d’Ivoire, l’assurance maternité est prévue par la loi n° 95-15 du 12/01/1995 portant code du travail (article 23.6) et le décret n° 96-149 du 31/01/1996 fixant le taux de la cotisation (0.75%) pour les prestations et les indemnités dues à la femme salariée pendant la grossesse et le congés de maternité. Elle consiste en la prise en charge des indemnités journalières des femmes en congés de maternité et au remboursement des frais d’accouchement et des soins médicaux (frais pharmaceutiques, frais d’hospitalisation et frais de soins). En ce qui concerne l’équilibre de cette prestation (tout comme d’ailleurs l’équilibre du régime de Sécurité sociale dont elle fait partie), deux possibilités s’offrent aux gestionnaires: augmenter les recettes notamment en relevant le taux de cotisations ou réviser le plafond d’une part et les prestations d’autre part. Cependant, il est crucial que toutes ces décisions soient soutenues par de rigoureuses analyses actuarielles.


Quel est le projet de la rubrique «annexes». Pourquoi vous y êtes-vous tant voulu didactique? Par doute de la capacité de compréhension? Avez-vous la certitude d’avoir rédigé un ouvrage trop technique?

Le livre informe, interpelle, propose, mais surtout compare.


On voit bien que vous évoquez les pays limitrophes comme le Burkina Faso, le Mali…

Tout à fait. Mais j’y ajoute le Gabon, le Maroc. Et au-delà des frontières de l’Afrique, le Luxembourg répond à cet objectif de comparaison auquel j’ai fait allusion. L’ouvrage qui traite du cadre régional, fait découvrir que les pays d’Afrique francophone présentent de fortes similitudes. Certes, les régimes de sécurité sociale connaissent encore des limites dans ces pays comparés aux pays européens, mais ils apportent une contribution essentielle à l’amélioration du mieux- être des travailleurs.


A quel besoin répond le flot de graphiques qui courent toutes les 258 pages pratiquement?

Le recours à des graphiques, des schémas, des ordinogrammes etc. répond à un souci pédagogique de simplification pour plus de clarté. Ne dit-on pas que « un petit dessin vaut mieux qu’un long discours » ?


Pourquoi avoir choisi Afrique challenge éditions? Quelle est cette maison? En êtes-vous satisfait?

Le Groupe Afrique Challenge, dont le siège social est à Casablanca (Maroc) est une compagnie de conseil et de formation à vocation africaine, dont l’Afrique est l’espace de travail quotidien. Il comprend six filiales complémentaires dont Afrique Challenge Editions, ayant pour mission d’éditer des publications spécialisées dans le domaine du management. On peut citer, pour l’année 2011, le « Management des services publics » de Charles Koffi Diby, ministre de l’Economie et des Finances de la Côte d’Ivoire ; «Le Management des risques en Afrique : réalités et perspectives» d’Octave Jokung Nguema professeur à l’Edhec de Lille, «La gestion des ressources humaines : comprendre les principes essentiels» de Monsieur Vincent Gnakpa et « Sur la route de la sécurité sociale » de Monsieur Adama Moussa Traoré. La conviction du Groupe est qu’il nous faut inventer un management Africain, en nous appuyant sur nos valeurs culturelles, car l’expérience démontre les limites de la transférabilité des concepts anglo-saxons de management. Je partage totalement cette conviction.


Les notions de socialisme, capitalisme, droite, gauche... ont-elles un sens dans une société où la sécurité sociale est à la traîne?

La sécurité sociale dans nos pays n’est pas à la traîne. Elle est en construction. Il est illusoire de penser possible la mise en place immédiate d’un système de sécurité sociale performant couvrant tout à la fois tous les risques, tout un territoire, et toutes les catégories de la population. Une démarche pragmatique qui s’appuie sur des organisations pertinentes, pourra gagner progressivement un champ étendu de besoins jusqu’à couvrir l’essentiel des besoins sociaux de la population, telles des pierres peu à peu solidement emboîtées jusqu’à la construction de l’édifice. Bâtir un système de sécurité sociale n’est pas une course de vitesse mais une course de fond. Le chemin à parcourir est tortueux et rude. Il faut faire preuve de patience, persévérance et de pragmatisme. Il convient de souligner, ici, que la sécurité sociale en Afrique date de 1952 alors qu’elle est apparue en Europe entre 1880 et 1890.


Comment se porte la «sécu» en Côte d’Ivoire? S’en portera-t-elle mieux, demain? Pourquoi?

La sécurité sociale en Côte d’Ivoire se caractérise par un faible taux de couverture de la population, et un nombre très limité de risques couverts. En effet, la population couverte (salariés, fonctionnaires civils et militaires, policiers, députés et agents de l’Assemblée nationale) ne représente que 10 à 15 % de la population nationale. Ainsi, 85 à 90% de la population ne bénéficie d’aucune couverture sociale. En outre, des risques sociaux majeurs tels que la maladie et le chômage ne sont pas suffisamment sinon pas du tout couverts par le système en vigueur. Des projets sont en cours en vue d’apporter une réponse appropriée à la précarité des conditions de vie des populations et particulièrement aux difficultés d’accès aux soins de santé, par la mise en place d’une assurance maladie de base. L’objectif de cet important projet est de permettre à toutes les personnes vivant en Côte d’Ivoire (nationaux et non nationaux), de bénéficier d’une couverture maladie de base, dont les prestations seront définies dans un paquet minimum d’activités.Cependant, plus de cinquante ans après l’instauration des premiers régimes de sécurité sociale en Afrique, il est plus que jamais temps de faire le bilan; et partant, d’ouvrir une large concertation sur ses perspectives avec tous les acteurs sociaux car la sécurité sociale est avant tout un choix de société pouvant transformer les vies et espérances de millions de gens. En la matière, évitons le recours systématique aux prêts-à- porter. »

« Sur la route de la sécurité sociale » semble ratisser large en terme de public?

La sécurité sociale concerne tout le monde. L’ouvrage vise en priorité les élèves et étudiants et le monde du travail (employeurs et travailleurs). Il faut enseigner la sécurité sociale dans nos lycées et collèges. Le «civisme social» recherché doit être inculqué à la base. Les élèves et étudiants d’aujourd’hui sont les employeurs, les travailleurs et les décideurs de demain.Il faut expliquer à tous le rôle de la sécurité sociale dans un pays et plus particulièrement dans un pays sous-développé, parce qu’il s’agit d’un choix de société. Rappelons, ici que, traditionnellement, la première vocation de la sécurité sociale est d’assurer la protection des individus contre différents risques tels que la maladie, l’invalidité, la vieillesse, le chômage.


Quelle est la deuxième vocation?

C’est de constituer un système d’épargne. L’épargne a une fonction économique considérable. Elle constitue un élément moteur dans l’investissement et la croissance économique. Les théories sur le développement économique nous enseignent que l’une des caractéristiques fondamentales du sous-développement est la faiblesse chronique de l’épargne. Si les organismes de sécurité sociale peuvent pallier cette faiblesse en favorisant l’accumulation de l’épargne, ils auront joué un rôle économique prépondérant. La troisième vocation d’un régime de sécurité sociale est de redistribuer le revenu national en vue d’assurer une plus grande égalité. Enfin, l’indemnisation reste une des principales prestations octroyées par la sécurité sociale. En effet, les régimes ont pour objectif, d’indemniser les individus victimes de l’activité économique (risques professionnels), en proposant des prestations au titre des accidents de travail et maladies professionnelles.


Dans votre ouvrage, vous ne faites pas allusion à des cas de défaillances. Pourquoi? La sécurité sociale est-elle si parfaite chez nous?

Plutôt que de défaillance, la problématique chez nous est celle de la satisfaction des besoins sociaux des populations et de leur adéquation avec les prestations offertes. En d’autres termes quelles prestations offrir au plus grand nombre et au plus près de leurs besoins et attentes? En réalité, il n’existe pas de système de sécurité sociale parfait. La sécurité sociale doit être dynamique pour s’adapter à son environnement et à son époque. Avant les indépendances en Afrique, la couverture offerte avait été limitée aux travailleurs salariés et aux agents de l’État. Il avait été dès lors espéré que l’extension des programmes de sécurité sociale à d’autres catégories de la population se ferait quasi automatiquement par l’augmentation de l’emploi dans le secteur formel. Cela ne s’est pas réalisé. Le travail de recherche et d’explication réalisé dans le présent ouvrage attire l’attention sur les défis essentiels à relever encore en Afrique, notamment la consolidation des régimes existants pour asseoir leur portée sociale, l’extension de ces régimes à d’autres catégories de personnes pour améliorer la rentabilité sociale des programmes et aussi l’extension des éventualités couvertes.


Vous semblez piqué par le virus de l’écriture. Doit-on s’attendre à d’autres ouvrages ?

Je suis très avancé dans la rédaction d’autres ouvrages. Je préfère, en parler que lorsqu’ils auront franchi le cap de rédaction pour atteindre celui de la publication.

Interview réalisée par

ALEX Kipré

 

 

 

 
 
 
   
   
 
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